Exercice MESOS _ Juin 2013

Attentat radiologique avec prise d’otage

Contexte : 3 étudiants en chimie apprenant l’incarcération d’un de leurs amis, décide de séquestrer 6 personnes dans des locaux de type laboratoire, qui ensuite doit exploser libérant une substance chimique toxique pour l’humain, en se rendant sur les lieux de séquestration dans un bâtiment de la caserne Raby à Bron, les trois étudiants sont suivis par une équipe de la BAC 69.

 

Récit d’un terroriste (joué par un secouriste de la Protection Civile du Rhône)…

 

La journée commença vers 10h30 avec un accueil autour d’un petit déjeuner improvisé très sympa, café, thé, gâteau et barre de céréales étaient au rendez-vous.

 

11h30 la distribution des rôles fut distribuée, on y retrouva une femme enceinte, des atteintes psychologiques, des personnes asthmatiques etc.… C’est à ce moment précis que pour moi l’aventure en tant que terroristes débuta, la personne normalement désignée s’étant faite opérer de l’épaule quelques jours plus tôt était devenu réticent et la proposition me suis faite de devenir terroriste avec Philippe un pompier pro de Pierre Bénite et « Greg » policier au GIPN.

 

Mission acceptée, nous nous dirigeons à part pour le maquillage, barbe noire au programme, vêtement ample style « terroriste » fait également parti de la panoplie.

 

13h30 l’ordre nous est donné de rejoindre le laboratoire au deuxième étage du bâtiment sud de la caserne. À notre arrivée nous découvrons les 6 otages. Un rapide briefing de la situation est effectué par « Greg » du GIPN.

 

13h45 l’exercice commence enfin avec la simulation d’approche de la BAC autour du véhicule suspect, identification faite, une équipe de la BAC entre dans le bâtiment et commence la reconnaissance étage par étage et aile par aile. L’évacuation des victimes pendant 1h se déroula sans encombre jusqu'à l’arrivée de la BAC sur un point de contact situé au deuxième étage aile Est.

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C’est le début, pour nous les terroristes, de notre exercice de simulation, qui une fois pris dans le jeu ne ressemble plus vraiment à de la simulation. Durant 45 minutes, armé d’un magnum fictif et d’un otage sous le bras, nous agissons dans les couloirs, devant la BAC en profèrent des paroles peu recommandables , sous les instructions de « Greg » rester avec nous, nous mettons la pression avec des menaces aux policiers dans le but de faire monter la température et les faire reculer dans les couloirs…

 

Dans le Talkie Walkie de « Greg » nous entendons les informations des policiers de la BAC sur notre descriptif physique. Rapidement la BAC repère trois terroristes et demande le renfort du GIPN.

 

Un quart d’heure plus tard après que « Greg » ait encore fait monter la pression avec des grenades plâtres et des grenades fumigènes, lors de ma 6e sortie dans les couloirs, je découvris non plus la BAC mais la colonne d’assaut du GIPN à une vingtaine de mètre devant moi. À ce moment, un frisson me parcourut tout le corps, en effet cela reste très impressionnant de voir des hommes en noir armé jusqu’aux dents face à moi tenir leur fusil d'assaut entre leurs boucliers par balles.

 

« Greg » nous ordonne de continuer notre pression avec des menaces, chose faite, néanmoins contrairement aux policiers de la BAC, le GIPN ne recula jamais et essaya d’entamer une discussion avec nous pour savoir les contenus de nos revendications.

Après une heure de négociation, de menaces dans les couloirs, « Greg » décide de libérer 4 otages ainsi que 2 terroristes ( Philippe et moi), notre but étant de nous glisser parmi les otages pour essayer d’être évacuer le plus normalement possible…

 

Après 10 minutes de négociation nous sortions avec les 4 otages et passions derrière la colonne d’assaut du GIPN qui n’était plus qu’a environ 5 mètres de la porte. Je découvris lors du passage l’officier tactique à l’arrière avec un plan détaillé de notre salle, nos descriptifs, notre type d’arme etc…. Sans forcement sans rendre contre, la colonne d’assaut savait tout de nous…

 

En allant descendre les escaliers nous entendons 9 détonations, le GIPN avait donné l’assaut avec une couverture sonore type grenade Flash qui imite les 9 coups d’un fusil à pompe.

 

De notre côté nous sommes mis à l’écart par un policier du GIPN, menotté bras derrière nous sommes conduit devant la porte ou deux policiers à l’aide de deux clés de bras nous immobilisent. Il est temps pour nous de découvrir la lumière. Tête baissée et regardant nos pieds je joue le jeu jusqu'à fond en essayant de protester et me débattre… nous progressons dehors jusqu’au check point 1. Un masque jaune fluo nous est mis sur la tête. Nous progressons au check point 2, on me découpe mon t-shirt, mon pantalon et je réussis à sauver mes lacets ! Me voilà en caleçon devant le camion de décontamination de la sécurité civile. Je m’allonge sur un brancard isolé dans le camion entouré de deux personnes en habit NRBC, je passe sous la douche chaude suivit de quelques mètres par Philippe le deuxième terroriste. Je me retrouve dehors en pantalon de fortune et en couverture se survie. On me signale que l’exercice est fini pour moi.

 

Cette journée fut riche en expérience, pouvoir vivre une prise d’otages de l’intérieur, voir comment le GIPN progresse, fonctionne, négocie n’est pas donné à tout le monde. Même si cela reste un exercice, la réalité des faits et le professionnalisme des policiers m’on fait oublier pendant toute l’après-midi que cela restait une simulation. Je finirai par dire que finalement il ne fait pas bon d’être terroristes car tout est fait pour nous intimider, nous tromper, nous rendre fou , nous faire craquer.

 

Hommage au policier du GIPN avec qui du coup j’ai passé la majorité du temps, sacré métier où autant le sang froid que le risque de mort est omniprésent.

 

Will

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Publié dans manoeuvre